poussins dans une voiturette faisant la course !!

La poule, cette athlète d’exception !

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À la vue du titre, certaines personnes vont certainement imaginer que j’ai transformé mes cocottes en athlètes de haut niveau, et que ces dernières vont rivaliser dans une toute nouvelle compétition sportive réservée aux gallinacées, comme le montrent par exemple Avalanche et Flocon lors du Rallye Cocottes ! 🙂

Cela aurait effectivement pu être possible !! Car au même titre qu’un chien, il est possible (et facile) d’éduquer une poule pour lui faire réaliser toutes sortes d’actions, comme :

  • un parcours d’agility
  • reconnaître une couleur, une forme, un dessin
  • toucher un objet, le prendre, le tirer, le pousser, etc

Tout cela s’obtient très rapidement en pratiquant la méthode du clicker (ou simplement son principe) suivi d’une récompense alimentaire. C’était un vieux rêve qui m’animait, mais d’autres l’on réalisé bien avant moi, et de très belle manière, sans jamais contraindre les animaux 🙂 . Si vous ne les connaissez pas déjà je vous invite à visionner les vidéos suivantes qui donnent un aperçu du potentiel d’apprentissage souvent insoupçonné de nos chères cocottes :

Pour les septiques, je confirme que ces méthodes sont efficaces et très rapides, comme le prouvent les quelques vidéos faites de notre jeune coq Anka, lors de différents apprentissages ou tests réalisés dans ce but. Vidéos que vous retrouverez sur ce blog, ou sur notre chaine Youtube.

Bien sûr j’aurai pu approfondir le sujet de ce point de vue là, mais ce n’est pas du tout de cet athlète là dont je souhaitais parler aujourd’hui !!

La poule athlète au quotidien

Envie de m’attarder plus particulièrement sur la poule. Ce petit être tout en plumes, amusant et étonnant, souvent méconnu, parfois méprisé et qui pourtant mérite bien plus de reconnaissance, au vu de ses exploits.

Savez-vous le temps qu’il faut à une poule pour fabriquer un œuf ?

schéma des éléments composant l’œuf de poule

éléments composant l’œuf de poule

Pour obtenir le jaune, le blanc, puis la coquille, il faut compter en moyenne, entre 24 et 30h, ce qui explique pourquoi nos cocottes ne pondent pas tous les jours.

À ce propos je ne prends pas en compte les pauvres poules pondeuses industrielles, sélectionnées pour cette aptitude (donc modifiées), et qui non seulement vont pondre régulièrement et quotidiennement, mais parviennent également à produire 2 œufs dans la même journée, ce qui inévitablement les affaiblies à grande vitesse 🙁

Savez-vous d’où provient le calcium nécessaire à fabriquer la coquille ?

C’est dans la phase finale de son trajet dans l’oviducte, que l’œuf est recouvert de calcium (apporté par le sang). Ce calcium provient principalement de la nourriture ingérée par la poule, mais pas uniquement. Effectivement, cela est parfois insuffisant, et la poule doit puiser dans son patrimoine osseux (squelette) pour compléter la formation nécessaire de coquille.

C’est pour cette raison qu’il est indispensable de laisser à disposition et à volonté dans les parcs, des coquilles de crustacés broyées, ou mieux, des coquilles d’œufs ! En période de ponte, la poule doit en permanence régénérer son capital de calcium.

À ce propos, il n’est pas étonnant de voir les poules pondeuses de batterie, épuisées avec un squelette défaillant, présenter de nombreuses fractures…..

Savez-vous que la poule risque sa vie à chaque œuf pondu ?

Schéma retraçant la production d'un œuf chez la poule

la production d’un œuf chez la poule

D’une manière générale, tout se passe plutôt bien…. mais pas toujours. Effectivement il arrive parfois que le conduit (oviducte) se rompe, et que l’œuf au lieu d’être évacué, reste dans le corps de la poule. Personne ne voit rien, les premiers temps. Suit un deuxième puis un troisième œuf, mal formés, la place manquant très vite, à l’intérieur. 🙁

La poule présente alors un jabot plein, qui ne se vide pas, et un état général abattu qui empire assez vite. Les symptômes peuvent laisser penser à un simple bouchage de l’évacuation du jabot, mais tous nos efforts seront vains pour soulager la malheureuse qui est déjà condamnée.

Les œufs pourrissent à l’intérieur, propices au développement rapide de bactéries telles escherichia coli. Ce n’est qu’en autopsiant la poule que l’on découvre l’ampleur des dégâts internes. Nous observons au moins, un cas par an de ce type ; et j’ai déjà retrouvé jusque 5 œufs à l’intérieur, obstruant et écrasant complètement les autres organes (d’où le phénomène de jabot bouché).

Je ne pense pas que quoi que ce soit de particulier, puisse être fait en amont pour éviter ce type d’accident. Il fait partie des risques de la vie. Mais ce qu’il nous est possible de faire, c’est d’améliorer les conditions de vie de nos athlètes les poules, pour tendre vers un bien-être et une santé globale améliorée, qui faciliteront la production d’œufs.

Comment prendre soin de cette athlète hors norme ?

À défaut d’entraîner notre athlète gallinacée physiquement, nous allons lui offrir le meilleur, pour rendre sa vie de poule pondeuse agréable.

Toutes les poules pondent, puisque c’est initialement une fonction de reproduction de l’espèce. Chacune à son rythme, en fonction des différentes sélections de races opérées en amont dans la généalogie de chaque sujet. Inutile donc de les nourrir avec de l’aliment spécial pondeuse, truffé d’hormones visant à accroitre ce rythme, et qui fragilisera d’autant l’animal.

Au contraire privilégier une alimentation variée, car la poule est omnivore et se délectera aussi bien de salade, que de grains, de fruits, ou de viande. Bien souvent la carence principale observée est celle en protéines (tant animales que végétales) par manque de verdure dans les parcs, et par l’absence d’insectes, de larves, de petits rongeurs ou autres oisillons en quantité suffisante, et qui font pour nos poules, un délicieux repas.

Ne pas laisser les animaux sur des espaces dépourvus de végétation, et leur offrir plus de terrain pour explorer, chercher, gratter, fouiller. Une poule qui peut s’occuper est une poule heureuse et épanouie. Une poule qui n’a rien d’autre à faire que de picorer du blé dans une mangeoire, sera terne et triste.

Je pourrai aussi aborder la dimension psychologique de nos athlètes à plumes, qui est bien plus importante que ce que l’on peut imaginer et qui influe aussi considérablement sur la production d’œufs, et nous concernant, d’œufs fécondés. Je réserve cela pour un prochain billet, car je crains que sinon personne ne lise le pavé jusqu’au bout !!!!! 😀

Ressources intéressantes :

Sans entrer dans de la biologie trop technique et imbuvable, cet article d’Irène explique quand et comment se forme l’œuf chez la poule, étape par étape.

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Cet article participe au festival d’articles La Cavalcade des Blogs,

dont l’organisatrice était ce mois-ci,

Pauline du blog D’un cheval l’autre, qui nous invitait à réfléchir sur la notion d’athlète heureux

 


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