poule brahma splash en petite forme

Subtil cache-cache

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Après avoir observé les équins durant plus de 35 ans, il est tout naturel de mettre aujourd’hui, à profit des cocottes, mes connaissances éthologiques et mon expérience en observation.

D’autant qu’il y a quand même pas mal de similitudes dans les comportements familiaux des deux espèces (hiérarchie, déplacements, accès aux ressources, etc).

Là où la différence est la plus marquée c’est lorsqu’un animal est malade. Le cheval le montre assez facilement, dans son attitude, ses mimiques, sa gestuelle, son refus de s’alimenter. À l’inverse, la poule le cache volontiers le plus longtemps possible. Autant que faire se pourra, le gallinacée ne laissera rien paraître, afin de ne pas être pris pour cible par un prédateur. Certains font même semblant de picorer les graines, pour paraître « normaux »

L’importance d’un diagnostic rapide

Or ce comportement est à double tranchant, car il est parfois difficile pour nous de diagnostiquer un sujet malade ou affaibli. Et de ce fait, plus les soins sont retardés, plus la guérison et la convalescence seront longues ensuite. Quand encore il n’est pas trop tard pour agir, lorsque l’on trouve le poulet prostré en boule, tout amaigri….. 🙁

Pour que des soins soient efficaces et pertinents, il est préférable qu’ils soient prodigués dès les premiers symptômes.

Un poulet enrhumé qui éternue, qui présente un nez ou des yeux sales, reste facile à observer rapidement. Certaines maladies plus « discrètes » sont vraiment difficiles à déceler aux premiers symptômes.

Lorsque l’on connait bien ses animaux, et qu’une certaine relation ou complicité s’est instaurée, le sujet défaillant, plus en confiance, le montrera plus aisément. Mais à ce jour, les poules de compagnie, très proches de leur maître sont encore bien rares. Il va donc falloir être un observateur plus fin, et contrôler certains points pour affiner notre jugement et diagnostic.

  • Une pesée régulière, est l’outil le plus fiable pour mesurer l’état sanitaire d’un poulet. Malheureusement elle est peu pratiquée car contraignante en terme de manipulation, dès que le cheptel devient conséquent.
  • La palpation du jabot au coucher donne une bonne indication. Une cocotte non rationnée, ayant de la nourriture à disposition, doit avoir le jabot bien plein le soir. Si ce n’est pas le cas, se poser des questions ! Si le jabot est vide, là c’est inquiétant, et signe d’un vrai problème et mal être.
  • L’état général de la poule donne aussi des indications : la palpation permet parfois de découvrir des animaux amaigris, ce que l’on ne distingue pas visuellement, avec le volume souvent important de sous plumage.

Lorsque l’on trouve une poule prostrée dans un coin, en boule, queue basse, tête rentrée, jabot vide, yeux creux….. c’est souvent malheureusement, déjà trop tard pour agir efficacement.

Écouter nos pressentiments

Au début, je ne me faisais pas confiance, et je pensais que je me faisais des idées.

J’observe beaucoup mes familles de cocottes, et de ce fait, j’apprends à mieux les connaître. Une poule qui va bien, est active toute la journée, ou se repose, selon les cas à l’abri du vent, du soleil de la pluie, en général à la manière d’une poule qui couve.

Une poule qui ne va pas bien reste debout, plutôt immobile, tête plus ou moins rentrée (image tout en haut), voire enfouie dans les plumes. Parfois on ne les voit ainsi que quelques secondes, car à notre vue, elles se redressent et bougent. C’est précisément là, où le doute doit s’installer dans notre esprit pour déclencher les autres contrôles énumérés précédemment.

Même si elle cherche à le cacher du mieux qu’elle le peut, la poule, comme nombre d’animaux, ne ment pas. A nous d’être plus vigilants, plus attentifs à ces moindres signaux émis subtilement.

Écouter et observer

poulette brahma couchée en boule sur le toit

Kiaz’ma semble aller bien… et pourtant…

Récemment, j’ai à nouveau pu observer un cas typique de comportement qui doit impérativement rimer avec ALERTE !! Il s’agissait de la poulette Kiaz’ma.

Effectivement, j’ai déjà remarqué que certains poulets tiennent à nous montrer (à leur manière) que quelque chose ne va pas. Et souvent malheureusement, ce comportement atypique est mal interprété par l’humain, pour diverses raisons assez évidentes.

Ce comportement en question n’est autre qu’un rapprochement physique. L’animal pourra se laisser prendre et caresser, même si ce n’est pas du tout dans ces habitudes. Plus la poule est indépendante et distante jusque là, et plus le phénomène sera marquant sur le moment.

Là où l’humain croit qu’il est aimé de son poulet, c’est en fait un cri de détresse qu’émet le gallinacé, à sa façon…

C’est leur manière délicate de venir nous dire : « Hey, au fonds de moi, y’a un truc qui tourne pas rond…. Si tu pouvais regarder d’un peu plus près ? J’ai besoin que tu m’aides rapidement !!« 

Or trop souvent, le poulet qui cache bien son état maladif, ne le montre toujours pas autrement, et il est vraiment facile de passer à côté de quelque chose. Par ailleurs, malheureusement, certains animaux, ne viendront nous voir, que lorsque plus rien ne sera possible en terme de soins. 🙁  Un peu comme un ‘au revoir et merci‘.

Une chose est sûre cependant : Dès qu’une cocotte se rapproche de manière inhabituelle de nous, il faut l’observer discrètement la journée. Puis profiter du soir, où tout le monde est calme, pour l’ausculter, la peser, etc.

Encore une fois les p’tis poulets ne mentent pas, à nous de mieux interpréter les signaux envoyés !! Même si leur nature méfiante et précautionneuse les incite trop souvent à ne rien montrer directement

L’exemple de Kiaz’ma :

poulette brahma peu en forme, couchée sur le toit, les yeux creusés

Kiaz’ma dans sa période délicate (on voit les yeux creusés) m’attend sur le toit du poulailler.

Courant novembre, alors que j’entretiens le poulailler des S2 (brahmas spash n°2), une poulette vient se percher sur le bord. Kiaz’ma a été élevée à la maison, puis en groupe de poussins dehors. Elle n’est pas particulièrement proche de nous, et ne cherche pas notre compagnie (contrairement à d’autres). Le fait qu’elle vienne alors me voir ainsi, m’interpelle particulièrement.

J’entame la surveillance, qui ne m’apporte aucun autre élément, si ce n’est que la cocotte vient vers moi dès que j’interviens dans le parc. Le contrôle du poids ne m’inspire rien qui vaille, car en pleine croissance elle aurait du prendre plus de poids que ça. De plus le jabot est presque vide, ce qui confirme la présence d’un problème….. Oui, mais quoi ??

Le lendemain l’attitude de Kiaz’ma est la même : elle vient me voir le matin lors du nettoyage. Le constat du soir est également similaire : jabot presque vide, et les yeux un peu creux. Le problème est confirmé, mais je n’ai toujours pas d’idée.

Il faut agir, donc je décide de tenter l’application d’une synergie d’huiles essentielles que notre partenaire de soins, Loïc Plisson, a mis au point dernièrement, à l’aide des premiers poulets « testeurs ». C’est un mélange constitué principalement de Saro (Mandravasarotra) pour le principe actif, et à visée antiseptique de large spectre.

Ce choix fut judicieux, puisque quelques jours plus tard, notre petite brahma splash s’alimentait à nouveau normalement, et son poids augmentait chaque jour. 🙂

Elle a peu à peu cessé de venir me voir, de manière individuelle, ce qui me confortait dans le fait qu’elle allait mieux ! 🙂

Le dénouement de cet exemple est positif, car j’ai réagis suffisamment tôt aux signaux émis par Kiaz’ma, et que son état sur le moment était alarmant mais non catastrophique.

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Logo-Cavalcade-150x150Cet article à visée pédagogique (pour apprendre à déceler certains signaux émis par les poules) est ma participation au festival La Cavalcade des Blogs, dont le thème cette fois-ci tombait fort à propos : La vérité est dans le cheval (ou tout autre animal)

L’édition 41 était ce mois-ci, hébergé par Isabelle du blog Horseshints, que je remercie pour ce thème inspirant où il y aura matière encore à rédiger et partager !! 😉

 


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2 comments on “Subtil cache-cache

  1. Clouth_clouth

    Article très intéressant… en effet nous observons chaque jour combien il est compliqué de faire un diagnostique… parfois il n’y a pas de symptomes apparents, je comprends pourquoi certains vétérinaires préfèrent ne pas recevoir les poules! Nous vivons avec chevaux, chats et chiens… il est 100× plus facile de les soigner!

  2. Alexandre

    Un très bon article. Nous avons perdu une poule il y a 3 semaine retrouver morte sans poux sans signe apparent particulier pourtant nous allons 2 3 fois par jour voir comment tout le monde va elle sembler pourtant en forme . Nous apprenons à faire plus attention .

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