Colonie de poux rouges

Lutter contre les poux rouges (2/2)

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Voici le dernier volet concernant ces acariens (dermanyssus gallinae) que l’on a pris coutume d’appeler poux rouges des poulaillers. C’est même fort à la mode des informations télévisées du moment avec le scandale du Fipronil !!

Nos actions préventives

Comme déjà dit, il est plus facile d’agir en amont en préventif, afin de limiter la prolifération des bestioles, que de se taper des heures de nettoyage, traitement, re et re traitement, pour venir à bout d’une invasion. Sans compter que les poules (et poussins) en pâtissent vraiment par la même occasion.

Outre un nettoyage quotidien des litières, nous avons pris l’habitude de regarder un peu dans les coins suspects régulièrement. Une fois par semaine, on fouille un peu plus pour voir si on ne déniche pas une petite colonie installée dernièrement 🙂

poussière blanche et noire indiquant la présence de poux

poussière blanche et noire indiquant la présence de poux

une colonie de poux rouges en train de se former

Juste derrière dans le carton, une colonie en train de se former …

Le poudrage préventif :

Poudre maison antiparasitaire, en flacon

Poudre antiparasitaire de fabrication artisanale

Ce jour là, je poudre toutes les litières, et aussi les poules qui couvent, sans exception, car elles sont des proies faciles, à rester immobiles sur leurs œufs. Qui plus est, la montée de température corporelle nécessaire à la couvaison attire d’autant plus les petits acariens friands de sang chaud.

Nous utilisons aussi systématiquement notre mélange maison, fait par JF (Poul’net), en préventif lorsque nous habillons une poule destinée à la reproduction. Par habillage, j’entends de lui mettre sa couverture sur mesure, qui la protège des griffes et assauts répétés de certaines coqs. Si la couverture protège le dos des miss, elle procure un super abri chaud et sombre pour les acariens…. donc prévention oblige !

Pour les litières j’alterne une semaine sur deux, soit le Poul’net, soit le Saniterpern pyrèthre. Attention, ce dernier n’est pas du tout destiné aux animaux, mais uniquement aux bâtiments d’élevage.

Pour mémoire, je rappelle que les gallinacées ne possèdent pas de vessie sensée collecter et éliminer les toxines, et que de ce fait, cela stagne au niveau des reins et du foie, en les nécrosant peu à peu. Il est donc impératif d’éviter tous les antiparasitaires que l’on applique directement sur la peau d’autres animaux, contenant des poisons visant à foudroyer les nuisibles. Inutile de foudroyer nos cocottes !!

De temps à autres, et en particulier dans les poulaillers ayant déjà abrité des clandestins miniatures, nous faisons un test pour voir si des suspects pointent le bout de leur nez.

Comment trouver les poux sans les voir ?

Il y a 3 façons simples de savoir si des intrus se cachent dans le voisinage de nos cocottes. Les deux premiers n’impliquent aucune produit chimique, contrairement au dernier.

  1. A la nuit tombée, lorsque les poules sont endormies et qu’il fait bien noir, se rendre au poulailler et éclairer les zones autour des poules, en particulier le perchoir pour celles ayant ce support (il n’y en a pas chez nous). Si à la lumière, des petits points se mettent à bouger sur les différents supports….. sus à l’ennemi !! Il y a des colonies bien installées dans le coin, déjà…
  2. Le test de la main, me semble le plus efficace (je ne vois plus aussi bien qu’avant !!). Il suffit en fin de journée, lorsque les poulets commencent à rejoindre cabanes et nids, de poser les mains sur divers supports et d’attendre quelques secondes. Notre chaleur corporelle attirera inévitablement les indésirables sur notre peau, mettant ainsi en évidence leur présence. Lorsqu’il y a des colonies proches, il faut moins de 10 secondes pour les avoir sur les mains. Le nombre et la rapidité à se présenter, permet de juger de l’importance de l’invasion.
  3. Outils efficaces de lutte contre les poux rouges des poules

    Outils efficaces de lutte contre les poux rouges des poules

    Le dernier test utilise des produits chimiques, et je ne le fais, que si je suspecte vraiment des présences, mais que je peine à les localiser avec exactitude (derrière quel montant en bois du poulailler, dans quels trous du muret du bâtiment, etc). Pour cela j’utilise un produit ménager détourné de son utilisation : Le Cif anti-bactérien. Facile à manipuler, ce spray manuel, distribue du liquide assez loin dans les fissures, ou entre deux montants. Si présence indésirable, les poux ne mettent pas longtemps à sortir de leur cachette au contact du produit. De plus les substances utilisées dans ce flacon, semblent létales pour les acariens très rapidement (ce qui est une bonne chose pour nous, et nos cocottes).

Et le clou du spectacle, qui ne me lasse pas : avec l’usage du CIF, sur un support clair, les poux rouges se transforment en vert !! Lorsque j’ai du chercher les nids dans les petites failles du muret, cela m’a bien aidé !! Si ça coulait vert, c’est qu’il y avait du monde de caché là !!

Ces tests permettent un bilan et une action rapide, qui interviendra avant les signaux habituels montrés par les poules elles-même :

  • Perte d’état, fatigue, épuisement
  • baisse ou arrêt de la ponte
  • poussins en retard de croissance, d’emplumement
  • éventuellement décès des sujets les plus faibles

 

Nos actions curatives

À partir du moment où j’ai repéré des acariens (peu importe de quelle manière), je vais traiter la cabane ou le lieu de vie contaminé. Tout ce qui peut brûler par au feu : litière et nids s’ils sont en cartons ou bois. Que vive l’autel des sacrifices du pou rouge ayant sucé le sang de mes poulets !

Ensuite je passe soit du Cif, cité précédemment, soit du Saniterpern DK (idéalement en alternance). J’utilise également des bombes insecticides pour rampants que l’on trouve au supermarché. Cela permet d’envoyer du produit, loin dans les fentes ou interstices des poulaillers, et en général c’est bien efficace rapidement aussi.

Avec le recul, il me semble que le Cif est plus efficace (plus rapidement) sur les acariens concernés, que le DK.

En parallèle, il va de soi qu’il faut également poudrer (au Poul’net ou équivalent) tous les habitants plumeux de l’endroit concerné. Il y a rarement des poux rouges sur les poules en journée, donc le fait de poudrer les protègera en vue des prochaines attaques nocturnes.

Qui dit nid ou colonie d’acariens, implique aussi des œufs….. qu’aucun produit insecticide ou anti-parasitaire n’atteindra. Il faut donc prévoir de renouveler les applications (pulvérisations) après 5-7 jours, une fois que les œufs auront éclos, de manière à toucher aussi les larves.

En cas de présence importante

Il faut délocaliser les poules pour les placer en sécurité vis à vis de ces prédateurs sournois. Les poudrer pour se débarrasser d’éventuels intrus, et les installer dans un nouveau logis.

Traiter l'intégralité du poulailler au pulvérisateur, avec un insecticide adapté

Traiter l’intégralité du poulailler au pulvérisateur, avec un insecticide adapté

Isoler le poulailler à traiter. Désosser un maximum d’éléments pour ne rien laisser au hasard, et avoir le plus d’accès possible à tous les recoins envisageables. Dans ce cas je fais un premier passage au CIF, pour éviter que les indésirables ne se barrent partout. Puis je passe du DK au pulvérisateur jusqu’à tremper tous les éléments de la structure. Il faut observer si les bestioles qui coulent avec le produit, sont mortes ou encore vivantes, et repasser si besoin, plusieurs fois.

Le faire correctement prend vraiment du temps, car il ne faut pas se contenter d’une petite application vite fait (mal fait) en quelques minutes !

Compter 3 traitements pour en venir à bout. Faire les tests pour s’assurer que tout est OK. Ensuite on peut laver et nettoyer le poulailler, pour virer tous les cadavres d’acariens. Profiter de l’occasion pour effectuer un traitement virucide et bactéricide (Surfanios) ne sera jamais un luxe, et c’est toujours plus facile, lorsque le poulailler n’est pas habité. Laisser sécher et aérer encore quelques jours à l’air libre, avant de réhabiliter. Poudrer en préventif, et rester vigilant cependant après l’installation.

On gagne donc à tous les niveaux à agir en préventif !! 🙂

En cas d’invasion sans nom

Dans l’hypothèse où les poux se trouveraient sur les poules en journée, et donc facilement aussi sur nous : le cas est vraiment grave et les poules sont alors entre la vie et la mort. Cela signifie également que les bâtiments et locaux sont infestés et que les traitements vont être longs et fastidieux pour en venir à bout. Autant dire que cela représente des dizaines d’heures de travail entre les poulaillers et les poules à soigner.

Cela signifie souvent malheureusement que peu d’égard sont habituellement portés aux poules et à leur entretien.

Une poule infestée doit être baignée dans un shampoing anti-parasitaire, rincée plusieurs fois, séchée puis traitée à la poudre. Compter environ une bonne heure à deux personnes, par poule, car le séchage est très long.

Poudrage, sur et sous la litière en préventif

Poudrage, sur et sous la litière en préventif

 

RESSOURCES

  • La poudre Poul’net. est disponible sur notre boutique en ligne Brahmaland (selon nos approvisionnements en flacons, parfois un peu aléatoires !!)
  • Bombes insecticides et CIF se trouvent en grande surface, un peu partout

Les produits Saniterpern, en jardinerie-animalerie, coopérative agricole ou sur Amazon


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8 comments on “Lutter contre les poux rouges (2/2)

  1. sylvie

    La terre de diatomées alimentaire est aussi tres efficace contre ces pararasites et a bien d autres qualites :
    excellent vermifuge naturel,
    Les fientes sentent moins fort,
    Desumidicateur pour la litiere et anti odeurs
    N empêche pas la consommation des oeufs
    Je l utilise regulierement en poudrage du poulailler et en complement alimentaire pour mes poulettes qui ne se porte que mieux.

    1. Gaëlle

      Comme déjà dit, nous avons eu une expérience peu concluante à ce sujet et trop de retours négatifs de lecteurs, amis, éleveurs.
      Sans parler du fait que cela peut être cancérigène, mais que les provenances de la poudre, n’étant pas indiquées sur les seaux, on ne sait jamais ce qu’on achète vraiment…
      donc je m’abstiens !!! 😉

  2. Amandine K.

    Merci pour les renseignements ! J’espère ne pas en croiser

  3. Angélique

    Merci pour cet article très intéressant

  4. Françoise Leygnac

    Bonjour,
    Combien de temps va s’écouler entre le début du traitement d’un poulailler et le moment où on peut y réinstaller les poules ?

  5. Martine

    merci beaucoup de partager ainsi vos connaissances !

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